Édouard Cibot mort pour la France

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Édouard Cibot était un coureur à pied professionnel.

Né le 3 avril 1883 à Guéret dans la Creuse, il est décédé le 10 avril 1917 à Soupir dans l’Aisne,

sous-lieutenant au 172e régiment d’infanterie.

Avril 1917, offensive du Chemin des Dames, c’est sans doute le théâtre d’un des drames les plus effroyables de la première guerre mondiale, perte de plus de 100 000 hommes en quelques jours.

Parti pour le front comme sergent, Édouard Cibot s’éleva au grade de sous-lieutenant et fut tué à Soupir au cours d’un combat à la baïonnette où son unité parvint à déloger l’ennemi des tranchées qu’il occupait. Son régiment, le 172e RI, avait deux bataillons engagés dans la lutte : « Le 1er bataillon livra de durs assauts dans le ravin de la Cour Soupir et il dut se terrer davant la tranchée de Kronprinz. A la grenade et au lance-flammes, le nettoyage des abris dura plus de 3 heures. Le 2e bataillon attaqua au Nord-Ouest, le combat continua tout l’après-midi. »

« Héroïques, les unités engagées sur le champ de bataille, se rendirent compte qu’elles avaient été envoyées au casse-pipe et que la percée promise par le général Nivelle, successeur de Joffre à la tête des armées françaises, était irréalisable, en raison des défenses allemandes imprenables et de l’inaptitude des moyens techniques français. » Les combats à Soupir : www.chtimiste.com

Quatre généraux seront limogés : Nivelle, Mangin, Micheler, Mazel.

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Au début du 20e siècle, à l’époque où les coureurs de 1500 mètres se présentaient au départ, un mouchoir en tampon entre les dents et les doigts crispés sur des poignées en liège, Édouard Cibot était un champion dont la gloire empêchait les apprentis de dormir.

Son métier de crieur de journaux, s’il lui donnait chaque jour l’occasion de cultiver son souffle et sa foulée, ne l’enrichissait guère, c’est pourquoi il n’hésita pas, peu après ses débuts, à s’enrôler parmi les professionnels. La course de fond avait alors un prestige qu’on a peine à se représenter aujourd’hui. Le Tour de Paris, entre autre épreuves, suscitait un grand enthousiasme et les Cibot, Orphée, Siret, Bouchard étaient, en cette occasion, acclamés comme un vainqueur du Tour de France cycliste.

Avant de courir les boulevards en criant la dernière heure, Cibot était terrassier, exerçant ainsi deux professions où les paresseux ne s’attardent guère.

Si l’on y mouille sa chemise, on y trempe aussi son moral. Donc, sous le rapport de l’énergie, Cibot n’eut jamais de leçon à recevoir de personne, pas plus à l’étranger qu’en France. Un tour de piste ou cinquante, il était toujours prêt à prendre le galop, pourvu qu’il y eut quelques pièces de cent sous à gagner.

Bien qu’il courut d’instinct, sans qu’il ait jamais put bénéficier des conseils d’un entraîneur, Cibot bouclait un 400 m en 56 s, un 1500 m en 4 min 13 s, ce qui constituait pour l’époque de bonnes performances.

Mais sa partie, c’était le fond ; il se fit connaître en 1902 en parcourant 18 km dans l’heure au marathon d’Édimbourg. Mais sa plus sensationnelle victoire fut remportée à New York en 1909, avec son rival habituel, devenu pour la circonstance son coéquipier, Louis Orphée. Le grand Cibot et le petit Orphée, se relayant à volonté, furent les grands triomphateurs à New York du championnat du monde des six jours par équipes.

http://blog.running.bzh/les-six-jours-de-new-york-1909/

Un autre Français, Henri St Yves, remporta plusieurs marathons en Amérique, si bien qu’on estimait, avec raison, outre-Atlantique, après cette série de victoires, que notre pays possédait les meilleurs coureurs de fond.

Acclamé aux États-Unis, Cibot fut fêté plus encore en Belgique, quand il remporta le course Paris-Bruxelles organisée par le journal les Sports.

http://blog.running.bzh/paris-bruxelles-1909/

Pendant la guerre, Édouard Cibot servit son pays avec un courage et une énergie qu’il sut communiquer avec ses camarades .

Il a couru sa vie et couru à la mort

Bernard Busson ; Héros du sport, Héros de France. Éditions d’Art Athos, Paris 1947.

1902 : vainqueur du marathon d’Édimbourg

1903 : vainqueur de Paris-Reims, 173 km en 20 h 28 min

1903 : vainqueur de Paris-Conflans, 40 km en 2 h 34 min 50 s

1903 : 2e du championnat du monde des 50 miles à Neuilly en 6 h 23 min 28 s

1904 : 2e de Paris-Troyes, 174 km

1904 : 4e de Toulouse-Paris, 737 km en 6 jours 13 h 40 min

1907 : vainqueur de Rouen-Paris, 155 km en 15 h 30 min

1908 : 3e de Rouen-Paris, 156 km en 17 h 42 min

1909 : vainqueur de Paris-Bruxelles, 328 km en 48 h 14 min

1909 : 2e du marathon de Québec en 2 h 44 min 00s

1909 : 7e du marathon de New York en 3 h 05 min 34 s

1909 : champion du monde des six jours par équipes à New York : 1178 km 980 m

1910 : 2e de Reims-Paris, 186 km en 18 h 10 min

cibot édouard

Thierry Lefeuvre

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