Paris 1924, le marathon olympique

1924 1

Du 6 au 27 juillet 1924, Paris accueillait les Jeux de la VIIIe Olympiade, le marathon qui était la dernière épreuve d’athlétisme s’est déroulé le dimanche 13 juillet.

Le parcours en aller-retour était le suivant :

Stade de Colombes, pont d’Argenteuil, Val Notre-Dame, Cormeilles-en-Parisis (7,750 km) , La Patte d’Oie d’Herblay, Pierrelaye (14,850 km), Pont sur l’Oise, demi-tour au lieu-dit Le Chou (21,300 km), Pont sur l’Oise, Cormeilles-en-Parisis (34,850 km), Val Notre-Dame, pont d’Argenteuil (41,250 km), arrivée Stade de Colombes, 42,195 km.

Les engagés :

Afrique du Sud : Philipps.

Autriche ; Franz, Kuhnet, Url.

Belgique : Alavoine, Broos, Leclercq, Steurs, Van de Putte.

Canada : Cuthbert, Mc Auley.

Chili : Plaza, Reyes.

Danemark : Jensen, Rose.

Équateur : Villacis.

Espagne : Andia, Aguilar, Carreras, Salvador.

Estonie : Lossman, Reiman.

États-Unis : Churchill, de Mar, Mellor, Wendling, Williams, Zuna.

Finlande : Halonen, Hietakari, Kolehmainen, Kyronen, Ruotsalainen, Stenroos.

France : El Ouafi, Ghermati dit Kader, Manhès, Verger.

Grande-Bretagne : Farrimond, Ferris, Leatherland, Mc Kenna, Mc Leod Wright, Mills.

Grèce : Athanassiades, Kranis.

Hollande : Brouwer, Sprong.

Hongrie : Bese, Hrenyovsky, Kadar, Kiraly, Lovas.

Inde : Hinge.

Italie : Alciati, Bertini, Biscuola, Blasi, Cavallero, Speroni.

Japon : Karrakuri, Miura, Tashiro.

Norvège : Tangen.

Suède : Carlson, Kinn.

Tchécoslovaquie : Éberlé, Honzatko. Kalous, Zapletal, Zyka.

Le doyen était Honzatko 49 ans. Le plus jeune l’Italien Alciati, 20 ans.

Les favoris :

Hannes Kolehmainen (FIN) champion olympique en 1920 à Anvers et son compatriote Wille Kyronen vainqueur du marathon d’Helsinki en 1923. Ahmed Boughéra El Ouafi champion de France de marathon. Frank Zuna (USA) vainqueur des marathons de Baltimore et Détroit 1924, Boston 1921. Clarence de Mar (USA), vainqueur du marathon de Boston 1911, 1922, 1923 et 1924. Ducan-Mc Leod Wright (GBR) vainqueur du marathon de Londres 1924. Pal Kiraly (HUN) vainqueur du marathon de Budapest 1923 et 1924. Harry Philipps (AFS) vainqueur du marathon de Durban 1924. Axel Jensen (DAN) vainqueur en 1923 des marathons de Copenhague, Odense et Londres. Alexios Kranis (GRE), vainqueur du marathon d’Athènes 1923.

Le 12 juillet, la veille du marathon, se déroulait le cross-country, cette épreuve était discipline olympique en 1912, 1920 et 1924.

Mais les événements de 1924 allaient inciter les responsables des J.O à interdire le cross, il est cependant inclus comme 5e épreuve du pentathlon moderne depuis 1928.

Le Finlandais Paavo Nurmi avait gagné ce cross olympique de 10,650 km, après avoir remporté le 1500 mètres, le 5000 mètres et le 3000 mètres par équipes.

Sur 38 partants, il y avait eu 23 abandons, une hécatombe causée par la chaleur, 15 coureurs seront transportés sur des civières victimes d’insolation, certains s’étaient mis à courir en tous sens. En arrivant sur le stade, l’Espagnol Audia avait tourné du mauvais côté. A 20 m de l’arrivée, le Finlandais Liiamatainen s’était éffondré, quant à l’Irlandais Ryan, il n’avait repris connaissance qu’une heure après la course. Sur le parcours, totalement dépourvu d’ombre à certains endroits, le thermomètre était monté jusqu’à 45 degrés !

Les organisateurs avaient donc décidé dans l’urgence de reporter le départ du marathon à 17 heures ce dimanche de juillet caniculaire, comme il faisait encore très chaud à cette heure là, on temporisa encore et le départ fut donné à 17 h 23. Le soleil déclina rapidement et la seconde partie de l’épreuve se déroula dans une tiède atmosphère. Contrairement au cross de la veille, le parcours était souvent ombragé et on avait pris la précaution d’arroser ici et là les routes empruntées par les concurrents qui portaient tous un couvre-chef, la majorité un simple mouchoir noué, le Britannique Mc Leod se singularisant par son chapeau de paille.

L’itinéraire emprunté par les coureurs était entièrement fermé à la circulation et tous les 50 mètres un homme en uniforme veillait au bon déroulement de l’épreuve. Neuf voitures seulement, officiels et journalistes, avaient été autorisées à suivre la course, les journalistes qui pestaient contre le comité olympique français qui avait refusé de leur communiquer la liste des partants qu’ils souhaitaient publier dans leurs gazettes.

372 El Ouafi 296 Halonen

                                        Ahmed El Ouafi (FRA) Lauri Halonen (FIN)

alex jensen (DEN)

                                                         Alex Jensen (DAN)

bobby mills (GBR) william churchill (USA)

                                                         Bobby Mills (GBR)

clarence de Mar (USA)

                                                        Clarence de Mar (USA)

gabriel verger

                                                       Gabriel Verger (FRA)

gérard steurs (BEL)

                                                        Gérard Steurs (BEL)

jean-baptiste manhes

                                           Jean-Baptiste Manhès (FRA)

lauri halonen

                                                        Lauri Halonen (FIN)

stenroos

                                          Albin Stenroos (FIN)

Le départ est donné à 58 concurrents, le Grec Kranis prend la tête, il maintient son avance de 50 mètres sur un groupe compact jusqu’à Cormeilles-en-Parisis 7,750 km, où il passe en 29 min 18 s, beaucoup de spectateurs aux abords du contrôle. A la Patte-d’Oie d’Herblay 11,500 km l’Américain Clarence de Mar revient peu à peu sur lui, suivi de : Guthbert (CAN), Alavoine et Broos (BEL), les Français Verger, Manhès, El Ouafi et Ghermati, les italiens Blasi et Bertini, Stenroos (FIN) Jensen (DAN), Kinn (SUE). Le champion olympique en titre Kolehmainen est loin derrière ainsi qu’un autre favori, l’Américain Zuna.

Au contrôle de Pierrelaye 14,800 km, changement en tête, c’est le Français Verger qui est premier, il passe en 54 min 50 s, suivi de Clarence de Mar 55 min 05 s, Kranis 55 min 15 s, Mellor (USA) et Mahhès 55 min 22 s, Alavoine 56 min 30 s, Blasi 55min 20 s.

Le Finlandais Stenroos se rapproche, le passage sur le pont de l’Oise voit Verger précéder Stenroos de 4 s, de Mar de 17 s, Bertini, Blasi, Manhès de 24 s, puis El Ouafi, Alavoine, Mellor, Lossman à 1 min 08 s, Kyronen à 2 min 17s, Kranis à 2 min 54 s.

Les 19,250 km sont couverts par Verger en 1 h 12 min 08 s, mais avant Pontoise, Albin Stenroos prend la tête. Le demi-tour au 21,100 km voit les passages suivants : Stenroos (FIN) 1:20:06, Verger (FRA) 1:20:36, de Mar (USA) 1:20:58, Bertini (ITA) 1:21:10 puis Blasi (ITA), Halonen (FIN), Manhès (FRA), El Ouafi (FRA) 1:21:25, Mellor (USA) même temps, Lossman (EST) 1:21:45.

Sur le parcours retour, à Saint-Ouen-l’Aumône, Stenroos à 1 min 15 s d’avance sur de Mar, l’Italien Blasi abandonne, comme le Français Verger, victime d’ampoules.

ravitaillement

stenroos rejoint verger

A 15 km de l’arrivée Stenroos a course gagnée sauf incident, il a 400 m d’avance sur le deuxième. Halonen, Wright et Lossman sont à 3 min 04 s, El Ouafi à 3 min 10 s, Manhès à 4 min 06 s etc…

A Cormeilles au 35e km, Stenroos a augmenté son avance, il précède Bertini de 2 min 23 s, de Mar de 4 min 17 s, Halonen de 5 min 44 s, Plaza (CHI) de 6 min 53 s, Lossman de 7 min etc…

Il n’y aura guère de changement d’ici l’arrivée, Ferris (GBR) conservera sa place de 5e, Loosman victime d’une defaillance s’arrête pour se ravitailler à Cormeilles, le Chilien Manuel Plaza en profite pour le dépasser, l’Estonien Lossman aura du mal à finir.

Le public du stade de Colombes applaudit chaleureusement le champion olympique finlandais Albin Stenroos qui termine dans un temps moyen de 2:41:22. Les spectateurs étaient tenus informés de l’évolution de la course pour la première fois lors d’une épreuve sportive par une voiture militaire de téléphonie sans fil (TSF). On diffusa par haut-parleurs et sur des tableaux d’affichage les informations qu’elle transmettait.

Près de six minutes plus tard, l’Italien Roméo Bertini en terminait tout heureux de conserver sa deuxième place, alors que pénétrait dans le stade l’Américain Clarence de Mar, sept fois vainqueur du marathon de Boston.

Clarence de Mar participa pour la première fois au marathon de Boston en 1910, il gagna l’année suivante en 1911, sa dernière victoire fut acquise en 1930, alors qu’il était âgé de 41 ans. Il couru ce marathon jusqu’à l’âge de soixante ans.

Clarence de Mar fut sélectionné olympique sur marathon en 1912 à Stockholm : 12e en 2:50:46. En 1920 à Anvers. 1924 à Paris et 1928 à Amsterdam : 27e en 2:50:42.

Le vainqueur, Albin Stenroos n’avait pas la notoriété de ses compatriotes ; Nurmi, Ritola, ou Kolehmainen, mais c’était néanmoins un bon coureur. Le 9 septembre 1923 à Helsinki, il avait établi un nouveau record du monde des 20 km en 1 h 07 min 11 s après avoir parcouru 18,009 km dans l’heure.

arrivée de stenroos

                                                         arrivée de Stenroos

2:41:22 Albin Stenroos (FIN) 35 ans

2:47:19 Roméo Bertini (ITA) 35 ans

2:48:14 Clarence de Mar (USA) 36 ans

2:49:47 Lauri Halonen (FIN) 30 ans

2:52:26 Sam Ferris (GBR) 28 ans

2:52:54 Manuel Plaza (CHI) 22 ans

2:54:19 Ahmed El Ouafi (FRA) 25 ans

Jean-Baptiste Manhès termine 12e en 3:00:34 et Mohamed Ghermati dit Kader, 24e en 3:20:27.

30 classés.

Record olympique : Hannes Kolehmainen 2:32:35 à Anvers en 1920.

La meilleure performance française à l’époque sur 42,195 km : Henri St Yves, 2:32:39 à Seattle (USA) le 17 octobre 1909.

1924-2024, un siècle plus tard les Jeux Olympiques se dérouleront à Paris, l’avenue des Champs Élysées accueillera l’épreuve du marathon.

miroir des sports 1924

Le Miroir des Sports

L’Auto

42,195 km : Raymond Pointu.

Thierry Lefeuvre

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